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mardi 10 mars 2015

Ardem le pape de la BD porno

confessions érotiques ardem
Flo par Ardem
J'ai découvert l'œuvre pornographique d'Ardem, il y a quelques années à l'occasion de la réédition de ses albums chez l'indispensable éditeur Dynamite. Une ouvre marquante mais aussi dérangeante, en tout cas qui ne laisse pas indifférente. Afin de mieux appréhender son travail, je me suis plongé dans la lecture de ses albums porno. Partant de récit porno plus classique dans le ton et la forme. Il évoluera par la suite vers un style nouveau, au scénario et à l'esthétique plus réaliste qui se radicalisera avec le temps. Même si au début, son style était plus exigeant et esthétique, c'est déjà assez explicite et l'idée de soumission est déjà là. Il n'aura de cesse d'explorer les jeux de la domination en étant toujours plus cru et expéditif. Ce qui est assez surprenant quand on sait qu'il mène en parallèle une carrière d'auteur bd beaucoup des plus classiques.

Au départ les histoires commencent souvent par une frustration ou une envie, qui pousse ses héroïnes à explorer leurs limites. C'est la rencontre avec un manipulateur, toujours un homme plus vieux, qui participe à la transgression initiale. S'en suit immanquablement une descente aux enfers. Les héroïnes se soumettant de façon plus ou moins consentante, à des expériences toujours plus hard. Les histoires se finissant par une apothéose porno crade des plus dégradantes, poussant les jeunes femmes à s'émanciper de leurs bourreaux, non sans une certaine satisfaction d'avoir étés éveillés à une vie sexuelle disons épanouie...
Même si on trouve de nombreux poncifs dans les bd d'Ardem, il faut bien constater qu'il s'éloigne de la représentation classique des BD porno. La plupart de ses albums datant des années 90, il est impossible de ne pas y voir un certain parallèle avec l'apparition du cinéma porno amateur au même moment. Il ne cherche plus à séduire avec un esthétisme stylisé comme à ses débuts, mais cherche au contraire une représentation réaliste, quitte à y intégrer une certaine laideur. Si ses héroïnes ont de gros seins, ce sont des seins lourds, tombants et pas des espèces de ballons défiant les lois de la pesanteur. Pareils pour les hommes qui sont souvent âgés, un peu gros, marqués par la vie et surtout jamais montés comme des bêtes. On lui concède une obsession sur les sexes épais mais pas de longueur excessive, toujours cette volonté réaliste. Les hommes jeunes sont souvent maladroits et inexpérimentés.
Un esthétisme et une représentation réalistes que l'on retrouve, chez un de ses contemporains, Bruce Morgan qui suit une démarche similaire. On retrouvera d'ailleurs leurs ouvrages dans les mêmes collections.
Ce qui est troublant dans les récits d'Ardem, c'est l’excès total et systématique de ses récits. Il sait porter l'excitation à un niveau troublant, voire écœurant, dont on a presque honte. Quelque chose de sale mais qui ne manque pas de nous attirer.
Pourtant il n'y a rien de victorieux dans l'attitude du bourreau. Il n'est pas mis en valeur, souvent seul face à sa propre laideur. Sa victime s'émancipant au-delà de sa passivité, afin de trouver un nouvel équilibre, qui assume sans renier les expériences passées. On peut considérer voir ça comme des contes immoraux, nous poussant à nous interroger sur notre sexualité et nos fantasmes.

Vous pouvez retrouvez plusieurs critiques de ses albums :

ardem confessions érotiques
Mathilde par Ardem

confessions érotiques ardem
Valérie par Ardem

confessions érotiques ardem
Justine par Ardem

confessions érotiques ardem
Céline par Ardem

Et pour le plaisir des yeux, voilà une sélection d'extraits d'albums d'Ardem.

confessions érotiques ardem
Les folles nuits de cryptée par Ardem 
confessions érotiques ardem
Valérie par Ardem

confessions érotiques ardem
Dorothée par Ardem

confessions érotiques ardem
Flo par Ardem
confessions érotiques ardem
Céline par Ardem


vendredi 7 février 2014

Confessions érotiques BD : Corinne par Narlebook

Les amateurs de bandes dessinées érotiques se souviendront peut être de la collection des Confessions érotiques BD, parues à la fin des années 90. En quelques années sont parues quelques chefs-d’œuvre du genre et d’autres moins heureuses. Pour ceux qui seraient curieux de (re)découvrir cette collection, je vous invite à consulter mon autre blog sur le sujet :

L’album dont je vous parle aujourd’hui est du à un auteur anonyme, Narlebook, qui signe là son unique contribution à la collection. Dans l’introduction, Filippini sous-entend,  que derrière ce pseudo se cache le dessinateur d’une série animalière très connue, P & M. Indice peu subtil qui fait penser donc à la série Placide et Muzo. L’un des auteurs de cette série jeunesse serait donc l’auteur de ce récit porno. Il est étonnant, puisque que l’auteur a pris la peine de choisir un pseudo, que son éditeur s’amuse avec des sous-entendus.

Mais revenons à l’album. Dans ce numéro la jolie mais prude Corinne va découvrir le monde du vice et s’y complaire avec délectation. Elle arrive dans une station de ski pour passer son monitorat. Elle est aussi innocente que sa colocataire est vicieuse, cette dernière lui imposant ses frasques sans pudeur. Bien que très coincée, la proximité de son impudique colocataire, va attiser sa curiosité et la pousser à l'épier.  Ce qui n’échappe pas à cette dernière, qui va en profiter pour soumettre Corinne à tous ces désirs. Ça commence par une relation lesbienne, puis Corinne va essayer un homme, puis deux, puis trois… Sous les directives de sa maîtresse, notre ingénue s’abandonne sans retenue à une sexualité libertine des plus torrides. Après avoir atteint le paroxysme de sa situation d'esclave sexuelle, elle se trouvera à son tour une victime à soumettre.

Comme on peut le voir, il n’y a rien de bien original dans ce récit. Ca remplit le cahier des charges de cette collection, à savoir que l’on assiste à tout un répertoire de vices explicites. C’est très cru mais sans saveurs, tant cette approche de la pornographie manque d’originalité.
Le problème n’est pas la représentation explicite des actes sexuelles, mais la banalité des mises en situations. Le récit est cousu de fil blanc. C’est une représentation trop basique de l’imaginaire érotique masculin. C’est tout juste excitant et surtout il n’y a aucune volonté de raconter quelque-chose à travers cette histoire. Le dessin est à l’image de l’histoire banale et triste. On sent le dessinateur peu habitué au style semi-réaliste et encore plus à représenter un acte sexuelle. Il n’y a rien à même d’être un tant soit peu excitant.


C’est donc un album mineur de la collection Confession érotique en BD, qui n’a d’intérêt que si l’on veut absolument avoir la collection complète.

Titre : Corinne
Sous-titre : Aux sports d'hivers pour obtenir mon diplôme j'étais prête à tout
Auteur : Narlebook
Date : 09/1995
BD Adultes n° 97






jeudi 6 février 2014

Royal gentlemen club par Nicky

Royal Gentlemen Club de Nicky est une des meilleures bandes dessinées pornographiques que j’ai lue. La réédition chez Dynamite est un régal car elle regroupe pour la première fois toute la série du RGC, mais aussi une dizaine d’histoires de la série Rocking Girls.

Royal Gentlemen Club a pour décors l’Angleterre des années 50. Chaque histoire met en avant de jeunes femmes, toujours misent en valeur par des talons aiguilles, corsets et autres porte-jarretelles, et qui se livrent avec délectation aux pires dépravations. Qu’elles soient prudes ou déjà dévergondées, elles vont se soumettre avec flegme, comme le veut la traditionnelle éducation Britannique. Au fil des histoires, de nouvelles ingénues rejoignent les belles vicieuses des histoires précédentes. Avec pour seule envie de satisfaire les membres du Royal Gentlemen Club.

Dès les premières pages, le talent graphique de Nicky est visible. Son trait d’inspiration volontairement ligne claire, évoque clairement les maîtres franco-belges des années 50. Le trait est rond et généreux. On retrouve dans l’encrage des évocations d’Hubinon et dans une certaine mesure de Jijé. Cette volonté d’imiter les maitres de la BD classique, donne à l’ensemble un côté légèrement parodique, qui est assez agréable. IL emprunte aussi beaucoup à la série Blake et Mortimer, pour le côté british de la BD.  On retrouve d’ailleurs un personnage ayant les traits de Mortimer, qui du coup devient un vieux satyre priapique.

Chez Nicky le sexe est outrancier mais jamais vulgaire. En effet la soumission apparaît toujours ici comme un acte consenti. C’est donc sans violence que les héroïnes subissent les derniers outrages. Elles semblent même s’épanouir en ayant une vie sexuelle débridée. Une projection certes très masculine de la sexualité, mais sous son apparence très premier degrés, on peut apprécier l’humour de Nicky qui joue avec les clichés d’une Angleterre, entre flegme et rigueur. Une vision fantasmée de l’Angleterre, qui lui permet de justifier la sexualité très SM de ses personnages.

Bref Royal Gentleman Club est un album particulièrement agréable à lire. C’est certes excessif mais jamais gratuit et c’est à ça que l’on voit le talent de son auteur.

Royal Gentlemen Club de Nicky, Editions Dynamite, Collections outrages.

 










jeudi 7 novembre 2013

Etreintes barbares par Tarlazzi.

Je poursuis mon exploration des BD de Luca Tarlazzi avec Etreintes barbares ou Axu pour le titre d'origine. L’auteur nous raconte le parcours violent et érotique d’Axu, mystérieux guerrier celte, toujours prêt au combat, qu’ils soient guerriers ou amoureux. Notre héros voyage à travers le nord de l’Italie, à la poursuite d’un but qui ne nous ai pas révélé. Avec une belle rigueur et un brin de sauvagerie, Axu terrasse les Romains qu’il croise et baise les femmes qu’il rencontre. Un programme simple, mais qui ne l’empêche pas de faire des rencontres, où par humanisme et intelligence, il poussera les Celtes à s’unifier pour vaincre les Romains. En gros, une sorte de Rahan priapique.

Un album sorti en 1999 dans la collection Selen Présente chez Vents d’ouest. S’affranchissant de la contrainte du réalisme contemporain de la série Sex in Italy, Tarlazzi aborde ici un récit historique. Un genre qui semble plus personnel, tant on sent dans son dessin une touche moins sophistiquée et plus épanouie. Il adopte pour traiter ce récit, un trait semi réaliste, qui semble plus naturel, où disons moins forcé. Ses couleurs et lumières sont quant à elles toujours aussi belles et réussies. La narration aussi est différente. Il travaille ici sur un récit au long cours et pas sur l’accumulation de nouvelles. Ça lui réussit bien, car cela lui laisse plus d’espace pour créer son personnage. Le seul regret est que le récit appelle une suite qui de toute évidence n’a jamais vu le jour. L’histoire regorge de scénettes pornos  courtes mais très explicites, qui accompagne le récit. Si certaines scènes sont assez complémentaires au développement du récit, d’autres sont purement gratuites et n’apporte rien. Tarlazzi aurait sans doute gagné à traiter cela de la même façon que Mitton sur les Chroniques Barbares. C’est-à-dire en tissant une tension érotique forte au fil du récit sans pour autant être trop explicite. Au début de l’album, notre héro se fait sodomiser par un Romain. Sans doute une allégorie de la décadence Romaine, alors qu’Axu lui couche virilement avec toutes les femmes qu’il croise. Cette scène est d’ailleurs chastement censurée, contrairement aux autres scènes érotiques, qui sont elles franchement explicites. Tarlazzi semblant du coup peu à l’aise avec l’homosexualité…

Il est intéressant de noter que sur la couverture de la version italienne on y crédite un scénariste, un certain Trentini, qui n’est pas nommé dans la version française. Notons aussi l’étrange résumer qui figure au dos de la version Française, qui ne reflète pas ce qui se passe dans l’album, a tendance à confirmer mon idée que la série était prévue pour être plus longue. 

voilà la couverture Italienne












Pour les curieux, allez visiter le site de l’auteur. Vous pourrez y voir de magnifiques illustrations assez récentes, où voit l’évolution de son trait :